Séminaire – Epidémiologie de la Fièvre Q en Guyane – 20 Juin à 14h30

Date: 20-06-2019
Lieu: 14h30 Bibliothèque de l’Institut Pasteur de la Guyane

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Le prochain séminaire scientifique de l’Institut Pasteur de la Guyane aura lieu ce jeudi 20 juin 2019 à 14h30 à la bibliothèque de l’Institut Pasteur de la Guyane. La thématique du jour sera consacrée à l’épidémiologie de la fièvre Q en Guyane avec deux présentations consécutives par Loïc Epelboin, infectiologue à l’Unité des Maladies Infectieuses et Tropicales du Centre Hospitalier de Cayenne et Claude Flamand responsable de l’unité d’épidémiologie de l’Institut Pasteur.

  

Incidence élevée de la fièvre Q en Guyane Française : une étude épidémiologique entre 2007 et 2017 (L. Epelboin)

La fièvre Q (FQ) est une zoonose bactérienne due à Coxiella Burnetti (Cb). La Guyane est la région avec la plus grande incidence de FQ au monde. Mais aucune donnée épidémiologique n’a été publiée depuis 2006. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et les caractéristiques épidémiologiques récentes de la fièvre Q en GF. Une étude rétrospective à partir de toutes les sérologies Cb envoyées à l’Institut Pasteur de Guyane, au Centre National de référence de la FQ à Marseille, et aux laboratoires Cerba et Biomnis entre le 01/01/2007 et le 31/12/2017 a été menée. Tous les dossiers ont été évalué sur le plan clinique et sérologique. 706 patients ont été inclus avec un sexe ratio home/femme à 2, un âge médian de 45 ans (IQR 34-56) avec 68.9% des patients âgés entre 30 et 59ans. Les patients étaient majoritairement originaires de Guyane, de France métropolitaine, d’Haïti, du Brésil et des Antilles Françaises (6.7%). L’incidence annuelle de la fièvre Q était stable entre 2010 et 2017 avec une valeur médiane  entre 26.29 (en 2012) et 39.43  (en 2012) de cas/100000 habitants. Plus de 90% des patients avaient une fièvre Q aigue.  Après comparaison avec les données de la population générale, les facteurs de risque d’avoir été contaminés par la fièvre Q étaient le genre masculin, être originaire de France métropolitaine, un âge entre 30 et 59 ans, et de résider sur  l’île de Cayenne. Ainsi, l’incidence de la FQ en Guyane, bien que stable depuis 2006, et reste probablement la plus élevée dans le monde. D’autres études sont nécessaires pour comprendre les déterminants de cette infection peu décrite dans le reste de l’Amérique du Sud.

 

 

Etude de la dynamique de transmission de la Fièvre Q en Guyane à partir des données d’enquête de séroprévalence (C. Flamand)

En Guyane, l’épidémiologie de la fièvre Q est décrite depuis plusieurs années comme étant atypique (caractérisée par une faible séroprévalence chez les réservoirs animaux habituels, une absence d’associations avec les facteurs de risques habituels et une incidence plus forte dans la commune de Cayenne et sa périphérie) et reste incomprise sur l’ensemble du territoire Guyanais. Une étude de séroprévalence de la fièvre Q a été réalisée auprès de 2700 individus tirés au sort dans les différentes communes de Guyane, dans le cadre de l’enquête  EPIARBO, afin de caractériser le risque de transmission sur l’ensemble du territoire et d’identifier les facteurs associés à l’infection. L’étude financée par le FEDER, l’ARS et le CNES a permis d’estimer la séroprévalence de la fièvre Q à 9,6% [IC95% : 8,3%-11,0%] dans la population générale Guyanaise. Le risque d’infection était plus élevé dans la zone du littoral que dans les zones fluviales et de l’intérieur, les communes de Rémire-Montjoly et de Matoury présentant les niveaux de séroprévalence les plus élevés. Différents facteurs susceptibles d’avoir un impact sur la probabilité d’infection ont été étudiés (zones géographiques, sexe, âge, facteurs environnementaux, distance aux élevages/abattoirs, …) afin de reconstituer et de comprendre le profil épidémiologique de la transmission en Guyane.

 

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